La soviétisation rampante de la Wallonie

L’un des traits caractéristiques de l’ex URSS, et de ses satellites, c’était sa propension à organiser la vie de ses sujets au millimètre près, au profit d’une oligarchie étatiste toujours prête à renoncer à ses responsabilités en cas d’échec.
L’un des traits caractéristiques de la Chine communiste contemporaine et de bon nombres de pays du socialisme mou (Europe de l’Ouest), c’est la capacité de ces États à vouloir s’occuper de plus en plus nos vies mais à refiler une partie du pactole que cela représente à leurs petits copains sous le nom « partenariat public-privé ».
La Wallonie est actuellement en train d’hésiter sur la voie à emprunter, mais soyez sûr que quelque soit son choix, cela sera une voie de servitude.

Trois exemples tirés de ces 10 derniers jours viennent appuyer cette observation.

D’abord une affaire toujours en cours dont j’attends avec une impatience réelle le fin mot de l’histoire. Le CPAS (Centre Public d’Aide Sociale) de Tournai est au cœur d’une enquête pour malversation, fraude et détournement d’argent public. La directrice financière, en poste depuis plus de 20 ans, aurait détourné près de deux millions d’€ pour son compte personnel. Et d’une manière extrêmement simple : d’un compte en banque libellé « CPAS Tournai » vers son compte personnel. Et ce petit manège dure depuis les années 1990, il aura fallu attendre 2015 pour s’en rendre compte. On se demande de prime abord, en apprenant que le CPAS possède près de 50 comptes à son nom, comment cela se fait que personne n’ait remarqué plus tôt quelque chose de louche. Ou sont donc passé les syndicats ? Les partis d’opposition ? Les aides de camps des élus ?

On essaye de nous faire croire dans la presse que tous ces pauvres gens ne pouvaient pas savoir puisque ces flux frauduleux n’apparaissant pas dans la comptabilité officielle. Ah, au grand étonnement de tout le monde, la directrice financière cachait ses triches et ne l’écrivait pas dans son rapport annuel. Quel petit génie du crime. Mais ces deux millions, ils ont du partir de quelque part et il semble bien que durant toutes ces années, personne ne se soit posé de questions. Rappelons encore que le CPAS de Tournai est au bord de l’agonie financière, qu’il vire des gens au rythme d’une multinationale et que sa gestion calamiteuse à souvent été pointée du doigt. Pire, dès les années 90, dès le début, certains avaient déjà dénoncé ce type d’agissements. Qu’a-t-on fait depuis ? Rien, nada ! La directrice s’étant suicidée après la découverte de ces irrégularités, on pouvait penser qu’un responsable politique agirait autrement qu’en faisant des déclarations publiques ou qu’un autre démissionnerait pour ne pas avoir vu les fautes passant sous son nez. Mais ici, non, rien. Circulez. Dans n’importe quelle entreprise privée, une telle fraude aurait probablement été repérée plus vite (c’est ça être un vil capitaliste proche de ses sous) et les personnes responsables virées. Dans une entreprise publique, où l’argent est en fait le vôtre, tout cela n’a guère d’importance.

c-est-arrive-pres-de-chez-vous_magouille

Ensuite, cette rocambolesque histoire de fuites autour des examens des écoles secondaires. A cause de celles-ci, les épreuves de science, d’histoire et de néerlandais on du être tout bonnement annulées. Tant pis pour ceux qui n’avaient pas triché, tant pis pour les honnêtes adolescents. Depuis quelques années en région francophone, bon nombre d’élus poussent de plus en plus la voix pour demander chez nous l’équivalent du bac français. Alors même que ce bac est critiqué en France, nos élus qui, décidément, ne peuvent pas s’empêcher de tout contrôler et de faire des lois à tour de bras, décident donc de copier les mauvaises idées des voisins. D’autres, à gauche, veulent carrément supprimer le réseau libre (les écoles catholiques subventionnées). Égalitarisme forcé, contrôle étatique, nivellement par le bas. Tout y passe. Cette année, ils mettent en place un premier semblant d’examen communs, pour quel résultat ? C’est un bel échec de Milquet, encore un, après l’affaire des nouveaux « cours de rien » à l’école. Pensez-vous qu’on va remettre cette idée de centralisation scolaire forcenée en question ? Pensez-vous qu’après un affront pareil, Milquet démissionnerait de son poste de ministre francophone de l’enseignement ? Que nenni, on préfère s’attaquer aux ados de 14 ans qui se sont contenté de faire passer l’info. Heureusement pour ce gosse que les goulags n’existent pas/plus chez nous (quoi que, on des « centres fermés »). La liberté d’enseigner, la liberté de choix du réseau scolaire, la liberté pour le profs de faire ses propres examens, bref, ces petits morceaux de libertés dans l’enseignement que nous enviaient certains en France, c’est bien parti pour être bientôt une histoire ancienne. Soyez sûr que d’ici 10 ans, on aura vu débarquer chez nous un mammouth comme l’EdNat en France et vu la nullité de notre élu moyen, je parie déjà sur un gros échec à venir. En effet, comment concilier un bac avec le système belge, basé sur un tronc commun en filière « générale » (non professionnelle) modulé par un choix d’options assez large ? Rien que dans ma classe de l’époque, il y avait entre 4 et 8h de math, 0 ou 2h de sciences économiques ou sociales, 2 ou 4h de sport ou d’histoire, 2 ou 3 langues vivantes (néerlandais, allemand, anglais et espagnol au programme), 3 ou 6h de sciences, … selon les choix des élèves. Chacun, ou presque, avait de cette manière un parcours et un horaire différent, tout en partageant une vingtaine d’heure en commun (français, cours de « base » en math, histoire et sciences). Soit on met fin à cette liberté de choix pour l’étudiant, soit on oublie l’idée de faire un bac. Mais vouloir faire des deux s’est s’assurer un taux stratosphérique d’emmerdements divers.

Enfin, révélation de ce matin, PS et CDH se félicitent de la mise sur pied d’un début de Sécu wallonne. Il y a deux points à relever. D’abord, le PS et le CDH ont toujours été les plus virulents contre les volontés récentes d’autonomie de la Flandre, au point de se faire détester chez nos compatriotes néerlandophones et de les braquer un peu plus vers l’extrême droite de la Nva. Quand ils étaient en campagne électorale, ils ont mis un point d’honneur à toujours dire « on ne touchera pas à la solidarité nationale » (PDF venant du PS disponible ici). Que font-ils une fois les mains libres en Wallonie? Je vous le donne en mille, ils préparent la Sécu wallonne. Cette douce odeur de petits mensonges politiques, vous le sentez aussi ?
Bien sur, je ne suis absolument pas attaché à la Sécu, puisque je souhaite un système de mutualité et d’assurance, mais quand même, nos élus n’ont vraiment plus aucune honte à faire et à dire tout et son contraire.
Ensuite, Maxime Prévot avoue que pour les maisons de retraite, il (lui, c’est à dire l’État) ne pourra pas tout faire par manque d’argent, il va donc ouvrir des PPP (partenariats public-privé) pour permettre d’augmenter le nombre de places disponibles sans que ça coute trop cher. Excellent raisonnement du cador du CDH, mais je me pose une question : pourquoi privatiser juste un peu ? Un PPP implique que l’État est à la manœuvre, il va décider ou et comment on pourra ouvrir ces hospices. Comment est-ce que cela va se décider ?Qui va rafler les contrats ? Des copains ? Des gros poissons de la construction, habituels et indéboulonnables des contrats publics  ? Il sera intéressant de bien faire attention à cela à l’avenir.

Pourquoi ne pas comprendre que si ça fonctionne pour certaines maison de repos, ça ne peut pas fonctionner pour toutes les autres ? Pourquoi ne pas comprendre que si ça fonctionne et que c’est moins cher pour les maisons de retraite, ça ne peut pas aussi fonctionner pour les assurances type chômage et les mutualités de soins ?

wallonie meme

Tout simplement parce que, comme pour le CPAS, comme pour l’école, comme pour beaucoup d’autres fonctions, privatiser revient à couper aux élus leurs revenus, leurs emplois si bien protégés. Mais surtout, ça leur retirerait leur pouvoir, auquel tous ces gens sont devenus dépendants. Comme dans l’URSS, comme dans la Chine, comme de plus en plus partout ailleurs, ils sont drogués à l’idée de « faire quelque chose » pour moi, pour vous, pour nos voisins, pour nous tous. Et surtout pour eux.
Ils ne peuvent pas imaginer qu’ils sont faillibles, pourquoi donc vérifier attentivement des comptes publics ? Ils ne peuvent pas imaginer qu’un prof connaît mieux que quiconque sa classe et ses élèves ou qu’un directeur est le mieux placé pour gérer son établissement, pourquoi donc les laisser faire ? Ils ne peuvent pas imaginer qu’on pourrait se passer d’eux, pourquoi donc laisser les gens s’assurer eux-même contre les aléas de la vie ? Ils ne peuvent pas imaginer qu’ils sont irremplaçables, pourquoi donc démissionner ?

Et ce n’est pas prêt de s’arrêter, on a jamais vu un élu ou un parti réellement vouloir (en dehors des effets d’annonces) diminuer les pouvoirs de l’État. Peut-on imaginer qu’ils se présenteraient un jour en disant « on va moins faire ». Non, c’est strictement impossible. Chaque élection le montre, c’est plus de pouvoir pour l’État. Chaque jour de réunion de l’hémicycle le prouve, c’est plus de lois, de règlements et de taxes. Dans nos démocraties modernes, la seule issue semble être la route de la servitude soviétique. Ou la mort.

Publicités

3 réflexions sur “La soviétisation rampante de la Wallonie

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s