Raoul Hedebouw et le PTB sont trop timorés

Et je ne dis pas seulement cela pour lui rappeler ses amis du Fretilin. Je dois dire que j’aime bien le Raoul. Déjà, il a un prénom sympa, c’est un « vrai » Belge, un Flamand né à Liège, il cultive à merveille l’accent que j’ai tout fait pour perdre en m’installant à Bruxelles. Il a aussi cette capacité d’animal politique à être démago et populo jusqu’au bout des ongles tout en s’en défendant de manière assez convaincante.

Bien sûr, c’est le chef de bande des nostalgiques de Mao et ex-fan de l’URSS et de Staline, mal reconvertie en social-démocratie pro nationalisme arabe. Partant de là, Raoul et moi on a pas grand chose en commun. Mais baste ! Le PTB a le don inouï de foutre le doigt là où cela fait mal. En plus, grosso modo, il tape autant sur la droite que sur la gauche, ce qui lui donne une top street credibility. Il faut reconnaître que le PTB, si on fait abstraction de son attrait pour les régimes totalitaires, regorge de bonnes idées : la fin des intérêts notionnels, l’opposition aux F-35, publicité du patrimoine des élus et mandataires, et j’en oublie.

Pour le moment, avec les grèves que nous envie la France (j’ai quand même réussi à aller bosser hier, il faut croire que certains wattmans s’en foutent, de ces grèves), le petit Raoul pète la forme. Je l’ai entendu dire deux trucs sympas en deux jours. J’en profite pour inaugurer une nouvelle section dans mon blog : les bons conseils de tonton Emmanuel.

BannièreConseils

1) Raoul à dit que l’État vol les travailleurs.

Raoul

Et oui, il n’a pas dit textuellement que « l’impôt, c’est le vol » mais presque. En gros, d’après les petits calculs du PTB, le saut d’index à venir (la non-indexation des salaires sur l’inflation) serait l’équivalent d’un vol puisque les travailleurs n’auraient plus le droit à l’augmentation du salaire qui est automatique en Belgique (les travailleurs Français en rêvent, la Belgique, seule contre tous, l’a fait). Je suis bien entendu opposé à l’indexation automatique qui ne fait que générer de l’inflation et représente donc également une perte sèche à moyen terme pour les travailleurs, mais passons. L’essentiel est ailleurs : Raoul nous dit que prendre l’argent des travailleurs, finalement c’est du vol. Raoul, mon bon Raoul. Tu as tellement raison. Mais tu es trop timoré. On ne peut décidément plus compter sur les marxistes pour être les purs et durs de notre époque. Reprends la lutte et la ligne de combat ! Je te propose d’aller plus loin et de bien comprendre que, quelle que soit la définition que tu donnes à impôt, tu verras que ce n’est jamais très différent du vol. Et oui, l’impôt mon cher Raoul, c’est du vol, même la radio d’État française se pose la question. Admets le Raoul, et suis mon conseil : laisse les gens librement payer leurs impôts, deviens anarchiste !

2) Raoul dit que l’État, c’est la violence.

Alors là, Raoul fait fort. Hier, dans les manifs, quelques partisans du « plus d’État » sont tombés face à l’État. Et, Oh Ironie, ça pique.

GrèvesBruxelles

Raoul réplique ce matin dans Le Vif que l’histoire des manifs belges (bon, il n’a que deux exemples), c’est aussi la gendarmerie qui tire dans la foule et qui tabasse les manifestants à coups de matraque. Cher Raoul, oui, l’État c’est la violence. C’est d’ailleurs la qualité et la définition que les philosophes lui ont prêté : c’est la violence « légitime ». On discutera de la légitimité plus tard pour simplement rappeler que cela reste de la violence. J’ai une question Raoul : toi qui adore le modèle Cubain socialiste, ou la Corée du Nord communiste, que tu voudrais nous imposer (par la violence d’une éventuelle majorité aux urnes), que se passera-t-il le jour où tu seras Premier ministre et qu’il y aura une manif de gens pas contents de droite : la police enverra-t-elle des fleurs, des pots de miel et des bisous ? Laisse-moi en douter : ta Belgique socialiste finira comme tous les autres États socialistes : elle sera normative, violente et contraignante tout simplement parce qu’elle n’acceptera pas l’alternance (voire la simple présence) d’une droite forcément réactionnaire, bourgeoise et capitaliste (et pour le pays ça sera un gros échec comme partout ailleurs). Admets le Raoul, et suis mon conseil : l’État est violent, toujours et partout, deviens anarchiste !

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